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Il y a 50 ans, j’étais un ange…

Dernière fin de semaine de mai. En ce deuxième dimanche après la Pentecôte, l’Église célèbre la fête du Très-Saint Sacrement du Corps et du sang du Christ, la présence réelle de Jésus Christ dans le sacrement de l’Eucharistie.

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Dieu serait-il un caillou dans votre chaussure?

Dieu serait-il un caillou dans votre chaussure?

Oui pour ces jeunes londoniens qui se rassemblent un dimanche  par mois dans une église désaffectée. Non pas qu’ils rejettent Dieu, mais ils ne sentent pas le besoin de s’y référer dans leur quête communautaire de sens et d’éthique personnelle et sociale.

Cette «Assemblée du dimanche» fait salle comble, tellement qu’on a du fermer la porte au nez de nouveaux adeptes. L’expérience va faire des petits. Même des australiens voudraient l’implanter chez eux.

La chaussure-Église (entendons son idéal humaniste, ses valeurs et sa dimension communautaire), ils sont prêts à l’enfiler, mais sans Dieu et ses ministres. Pourquoi? Certains participants se disent athées ou agnostiques. La question de Dieu n’est pas à l’ordre du jour. Mais qu’arrivera-t-il si un participant crédible et influent  la soulève?

Des personnes qui se disent non-croyantes sentent le besoin de faire «Assemblée du dimanche» sans Dieu. Comment notre Église pourrait-elle le dimanche, rassembler des baptisés encore croyants que la messe dominicale n’intéresse plus?

Parmi tous ces croyants à la foi plus ou moins désactivée, y en aurait-il qui vibreraient eux aussi à l’idéal humaniste, aux valeurs et à la dimension communautaire de l’expérience chrétienne, si des rassemblements dominicaux tablaient avant tout sur ces aspects?

Le caillou dont il est question dans la vidéo, ce Dieu qui blesse le pied du marcheur, n’est probablement pas le seul caillou à faire sortir de la chaussure. Sortir ce qui blesse l’une ou l’autre, l’exprimer dans la communauté m’apparaît un passage obligé, non pour accuser mais se réconcilier avec le grand récit de notre passé religieux.

Le Dieu de la Bible n’est pas un caillou mais le rocher duquel sort la source qui étanche toutes nos soifs. La Parole toute nue, dépouillée au maximum de nos paroles institutionnelles, peut encore révéler le vrai visage de Dieu, dans le partage, dans  la célébration autrement, et la fraternité.  «Ils buvaient en effet au rocher spirituel qui les accompagnait, et ce rocher était le Christ.» (1 Corinthiens 10,4)

Et au lieu d’être un caillou dans la chaussure, le Seigneur sera une lampe sur nos pas, une lumière sur notre route. (Ps119, 105)

Rémi Bourdon

Seriez-vous favorables à ce qu’on puisse tweeter durant la messe?

Ça pourrait paraître déplacé ou franchement incongru, pour certains pratiquants qui fréquentent la messe du dimanche, de retrouver cette pratique virtuelle intégrée dans la pratique du culte. Pourtant il semble qu’elle soit déjà présente chez certaines églises anglicanes. (1)

Jusqu’où doit-on aller dans l’inculturation de la foi face aux nouveaux modes de communication?  Tweeter, durant l’homélie du prêtre peut nous paraître inapproprié dans un contexte où l’intériorité semble de mise. Mais qu’est-ce que cette nouvelle pratique pourrait nous révéler d’important?

Personnellement, je ne sais pas si je suis prête à aller jusque là dans l’adaptation aux nouveaux modes de communication, mais je crois que cette expérience tentée du côté de nos frères anglicans peut interpeller notre manière de voir l’homélie et la place laissée à la prise de parole dans nos rassemblements chrétiens. Comme le rappelle ce pasteur anglican, l’homélie devrait être une conversation. C’est le sens du mot homélie (2) Et pourtant, l’homélie est vécue, pour plusieurs, comme un sermon (3), avec la connotation négative qui s’y rattache.

La culture actuelle nous confronte à retrouver cette dimension si importante qu’est la communication dans l’expérience de foi et son lien étroit avec la nouvelle évangélisation que nous sommes appelés à vivre. Jésus échangeait avec ses contemporains. Ses paraboles étaient des déclencheurs pour la recherche de sens. Il ne se contentait pas d’une parole institutionnelle. Jésus parlait au « Je » (en vérité, je vous le dis…) et invitait chacun à faire de même.

Je rêve d’une Église qui communique vraiment. Peut-être pas en tweetant la Bonne Nouvelle en 144 caractères mais en acceptant d’entrer dans la quête de sens de ses contemporains, sans avoir peur d’une prise de parole qui risquerait de déranger ou de questionner, les discours préfabriqués. Une bonne question peut s’écrire facilement en 144 caractères mais la réponse, en Église, devrait se parler, se déployer en paroles multiples et impliquées, où chacun se sent concerné dans son histoire personnelle. L’époque des questions réponses du petit catéchisme est bien révolue. L’heure et l’art du dialogue nous appellent à vivre l’Église autrement. Qui est prêt?

Je réponds présente!
Colette Beauchemin

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[1] http://www.lefigaro.fr/international/2012/11/12/01003-20121112ARTFIG00432-un-pretre-incite-les-fideles-a-tweeter-pendant-la-messe.php J’ai été mise en contact avec cet article grâce à mon abonnement à http://www.scoop.it/t/jeunes-et-religion.

[2] Du grec homilia qui veut dire conversation.

[3] Discours ennuyeux, plein d’affectation moralisante www.larousse.fr/dictionnaires/francais/homélie/40207.

La messe qui prend son temps et l’autre qui en prend trop

On entend souvent dire que la messe, « c’est plate, ça prend trop de temps». Alors comment comprendre que des jeunes adultes veuillent y investir plus de leur temps comme à la messe qui prend son temps? (voir : http://fr-fr.facebook.com/pages/La-Messe-qui-prend-son-temps-Longueuil/227149443986198)

Pourquoi s’ennuie-t-on parfois là où l’on se trouve? À un show, j’en veux plein les yeux, plein le corps, plein de sensations fortes. Le spectacle doit m’arracher à mon siège, me mettre en vibration avec ceux qui sont sur la scène et le reste de la salle. Quand cette chimie se produit, je ne vois plus passer le temps. On s’ennuie à la messe parce que ça manque trop souvent de vibration entre le prêtre en avant, et nous, et aussi entre nous. Par ailleurs, la messe n’est pas un show. La plupart du temps, le show est fait pour nous distraire, nous tirer à l’extérieur de nous, nous faire oublier nos tracas. La messe veut nous intérioriser, nous plonger dans notre existence profonde, là où bouillonnent nos questions les plus vitales.

Alors, qu’est-ce qui se passe à la messe qui prend son temps qui pourrait inspirer les messes qui prennent trop de temps, même en 45 minutes? D’abord, il y a l’animation qui ne repose pas uniquement sur les épaules du président. Il n’est plus seul à prendre la parole dans l’assemblée pour commenter les lectures dominicales. Toute la communauté est appelée à composer, par le partage de la parole, une harmonie de sens qui exprime aujourd’hui la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. La messe qui prend son temps n’est pas un show, mais elle réchauffe le cœur en permettant de se brancher sur l’essentiel en soi-même et dans les autres. Alors les gestes simples de la liturgie eucharistique tirent leur lumière et leur sens des personnes qui les posent. Alors pour elles, la petite flamme d’un cierge pascal les éclaire mille fois plus qu’un follow-spot sur une scène de rock.

La Parole écoutée doit être travaillée intérieurement par la parole de celui qui l’entend, et ré-exprimée pour s’imprimer dans son cœur. Voilà une démarche pédagogique que la messe néglige en tablant uniquement sur la performance du prêtre qui fait l’homélie. N’est-ce pas trop exiger et de lui et des assistants, dimanche après dimanche?

Il y a aussi que la messe ne convient pas à tous les croyants comme le constate le Comité de théologie de l’assemblée des évêques catholiques du Québec : « (La liturgie) est une nourriture spirituelle exceptionnelle. Pourtant, de nombreux chrétiens choisissent de ne plus recourir à la célébration, parce qu’ils n’en perçoivent plus la pertinence. (…)  La simple participation à l’Eucharistie dominicale, pourtant centrale dans la vie de l’Église, ne constitue pas automatiquement une pratique nourrissante pour la vie spirituelle…»

À quand des rassemblements dominicaux autres à l’intention de ceux qui ont déserté la messe, et qui ont faim et soif de la Parole?

Rémi Bourdon