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Allons voter!

Nous ne redirons jamais assez l’importance de se prévaloir de son droit de vote dans nos sociétés démocratiques. Récemment, on entendait à la radio un jeune homme, originaire du Congo, qui se disait privilégié de pouvoir exercer son droit de vote dans notre pays. Il n’allait pas s’en priver! Alors, pourquoi nous en priver?

La campagne électorale bat son plein. On entend beaucoup de choses de la part des chefs des différents partis : des promesses, des orientations que les partis disent vouloir prendre, des changements qui seront apportés, des prises de position surprenantes quand on pense que depuis plusieurs années, il y a peu d’avancées dans certains domaines et même des reculs, par exemple sur la question de l’environnement. Et les sempiternelles récriminations contre les autres candidats. On est démocratiques, mais pas question de trouver intéressante et sensée la position de l’autre.

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Votre credo : Duchesneau ou Thériault?

mains en prière«Les allégations de Jacques Duchesneau, selon lesquelles des ministres libéraux auraient séjourné sur le yacht de Tony Accurso, a fait sortir de ses gonds la ministre du Travail, Lise Thériault.» http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2012/08/20120829-160205.html

Qui croire quand celui et celle qui réclament notre confiance sèment tous deux la méfiance envers son adversaire politique? Ce serait si simple si, au lieu de croire, on pouvait savoir. Vivement la commission Charbonneau pour faire la vérité sur Accurso, entre Duchesneau et Thériault!

Qu’est-ce que croire au juste? Et à quelles conditions? Peut-on vivre au quotidien sans faire confiance? D’après le dictionnaire, croire quelqu’un c’est ? Attacher une valeur de vérité, ajouter foi à ce que dit une personne; tenir quelqu’un pour sincère, pour véridique; estimer vraies ses paroles.

En prenant l’avion, je fais toujours un acte de foi envers les  mécaniciens qui ont préparé l’appareil, et surtout envers les pilotes. Mais il m’est arrivé d’être sur un vol qui a rebroussé chemin après une heure, parce qu’une porte avait été mal sécurisée par le personnel de cabine. Même quand je traverse un coin de rue achalandée, je fais un acte de foi envers les conducteurs. Et pourtant, j’ai été renversé par une camionnette alors que le «petit bonhomme» était blanc. Au jour le jour, on vit davantage d’actes de foi que d’actes de savoir. On n’est pas face à face avec la vérité; elle nous parvient dans la parole de quelqu’un.

Et quand se posent à nous les grandes questions existentielles, pourquoi faudrait-il avoir plus besoin de savoir que de croire? Je crois au Dieu que Jésus a révélé : il affirme qu’il l’a vu face à face. Je crois en lui parce que j’estime que je peux «le tenir pour sincère, pour véridique; estimer vraies ses paroles. »  C’est aussi ce qu’affirme le  Catéchisme de l’Église catholique, (no 177 )  » Croire  » a donc une double référence : à la personne et à la vérité ; à la vérité par confiance en la personne qui l’atteste. En cette fin de campagne électorale, je dédie cette prière de François d’Assise à tous les politicien-nes

Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.

Rémi Bourdon

Électeurs indécis : pourquoi? Et les indécis catholiques…

Le sondage CROP dans le journal La Presse (16 août, A3) fait un gros plan sur les électeurs indécis: «on peut penser qu’ils sont majoritairement proches du Parti libéral. Libéraux déçus stationnés temporairement dans ces «limbes», ou plutôt partisans du gouvernement libéral soudainement devenus «discrets»?

Par déformation professionnelle, ou confessionnelle, j’ai tout de suite fait un parallèle avec un autre domaine de la vie des québécois catholiques, la religion. «On peut penser qu’ils sont majoritairement proches de l’Église catholique. Catholiques déçus stationnés temporairement dans «ces limbes» de l’indécision, ou de moins en moins pratiquants devenus «discrets».

L’indécision est ici la conséquence d’une déception qui a  désagrégé la décision, si bien que l’indécis aimerait bien se convaincre de retourner à la situation antérieure : « Ce serait si bien s’il n’y avait pas eu toutes ces histoires qui me jettent dans le doute!» Impossible de réécrire  l’histoire de la gouvernance d’un parti politique. Impossible aussi de réécrire l’histoire du catholicisme au Québec avec ses grandeurs et ses misères. Mais l’avenir reste toujours à écrire.

Un proverbe anglais dit que l’indécision, c’est comme un chat qui voudrait bien attraper le poisson rouge mais qui ne veut pas se mouiller la patte. Je ne sais pas si le 4 septembre les déçus indécis libéraux vont voter pour leur parti ou vont se tourner vers un autre parti.  Mais j’espère que ce qui cause leur indécision les amènera à se mouiller pour améliorer nos institutions démocratiques.

L’avenir de l’Église catholique au Québec reste à écrire, avec les catholiques indécis, la majorité discrète ou stationnés dans les «limbes». Comment apprendre au chat à ne pascraindre de se mouiller la patte pour attraper le «poisson»? Le «poisson » (ICHTUS en langue grecque) est le plus vieux symbole chrétien. Chaque lettre de ce mot correspond à la première lettre des mots qui disent qui est Jésus pour le croyant : Jésus -Christ- Fils de -Dieu –Sauveur.

Se mouiller en disant ce qu’on pense dans la communauté chrétienne dans un esprit de vérité et de réconciliation. Se mouiller en redécouvrant la Parole avec d’autres par des partages d’Évangile, dans la fraternité régénérée.  Dieu se donne à manger en Jésus Christ quand on se mouille.

Rémi Bourdon

Une boussole pour notre niveau de foi?

J’ai été le 47 963ième à remplir le questionnaire de Radio-Canada pour mieux connaître ma position par rapport aux principaux enjeux qui seront débattus au cours de la campagne électorale.

«La Boussole électorale est un outil d’éducation développé par des universitaires. Répondez à un court questionnaire pour découvrir où vous vous situez dans le paysage politique québécois.» (http://www.radio-canada.ca/sujet/elections-quebec-2012/2012/05/04/001-interactif-boussole-electorale.shtml) Je n’ai pas été trop étonné du résultat final présentant ma position par rapport aux divers partis politiques.

Cet exercice par rapport aux enjeux politiques proposé aux québécois m’a fait penser à un autre type d’autoévaluation : une «boussole » pour se situer  par rapport à sa vie de foi.  Le Catéchisme de l’Église catholique  (150) nous dit que  «La foi est d’abord une adhésion personnelle de l’homme à Dieu ; elle est en même temps, et inséparablement, l’assentiment libre à toute la vérité que Dieu a révélé…». Si l’invariance est du côté de Dieu et de la vérité divine, ce qui cependant fait varier cette invariance, c’est «l’adhésion personnelle… et l’assentiment libre». Assentiment libre à quel Dieu au juste? À quels contenus? On ne peut pas vraiment adhérer dans l’ignorance. Voilà aussi un problème par rapport à la foi chrétienne chez de nombreux catholiques.

En remplissant le questionnaire de la Boussole électorale, je me suis rendu compte que j’ignorais certains enjeux importants pour certains partis politiques. J’ai ainsi appris et j’ai clarifié ma pensée en faisant mon choix de réponse : «- Fortement en désaccord, – Plutôt en désaccord, – Neutre, – Plutôt d’accord, – Fortement d’accord, -Ne sais pas»

Dans la perspective de la nouvelle évangélisation, les chrétiens proches ou éloignés seraient peut-être intéressés à faire leur profil de croyants. Mais un tel outil d’éducation serait à créer. Pas une mince tâche, quand je constate la finesse de l’architecture du questionnaire interactif de Radio-Canada, et les résultats personnels que leur logiciel génère.

Quelles positions affirmerait-on par rapport à la filiation divine de Jésus, à la résurrection du corps, ou à l’appartenance à une communauté chrétienne?  La nouvelle évangélisation doit partir du credo-à-la-carte et l’accompagner dans l’Esprit. Ne surtout pas écraser la mèche qui fume encore avec un pavé dogmatique.

Rémi Bourdon
Le 2 août 2012