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Nos rêves d’enfant : une mission à réaliser

Crédit photo : Communications Narimane

 

Avez-vous déjà réfléchi à votre mission de vie? Avez-vous l’impression d’accomplir réellement ce pourquoi vous êtes destinés? Enfant, ressentiez-vous intérieurement un sentiment puissant, une sorte d’intuition lorsque vous pensiez secrètement à ce qui vous faisait vibrer? De nombreuses personnes affirment que oui. Or parmi ces gens, seuls quelques courageux écouteront leur petite voix intérieure et entreprendront, dès lors, la mission de réaliser leur vocation.

Répondre à l’appel

Dernièrement, nous avons eu vent de l’annonce de la sortie prochaine d’un album de chants sacrés par le chanteur Mario Pelchat. Un extrait du communiqué de presse nous a littéralement accrochées :

«Dans une église de Dolbeau, un petit garçon de 10 ans chante dans la chorale. […] Et il découvre, outre des chants religieux qui le touchent droit au cœur que, dans la vie, il ne veut être ni pompier ni médecin, mais chanteur. Ce petit garçon, c’est Mario Pelchat. Et sans trop qu’il le sache alors, germe en lui l’idée de l’album […] Agnus Dei.»

Mario savait qu’il réaliserait cet album un jour. D’autres personnalités connues ont déjà exprimé ouvertement avoir entendu un appel si fort dans leur jeunesse qu’ils n’ont pu faire autrement que de l’écouter. Pensons notamment à Éric Salvail, dont le désir de faire de la télévision n’est un secret pour personne ou à la chanteuse Valérie Carpentier, celle qui a remporté le titre de la «Voix du Québec», qui a révélé à son public un dessin réalisé lorsqu’elle était petite, où elle était sur une scène en train de chanter.

Entendre l’appel

Il n’y a pas que dans le domaine artistique que l’on entend parler de «mission de vie», de «rêve d’enfant réalisé» ou de «voix intérieure entendue». Mais ce qui nous interpelle dans tout ça, c’est de comprendre pourquoi des jeunes poursuivent leur route sans trop connaître leur raison d’être, sans même savoir tout à fait qui ils sont, alors que d’autres ne pourraient imaginer leur avenir sans se faire la promesse d’aller à la poursuite de leur rêve ou de leur passion. Dans une perspective de foi, nous appelons cela l’appel de Dieu. Comment entendre l’appel de Dieu et le comprendre? Comment faire pour le discerner?

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Le matrimoine, vous connaissez?

Il est des mots qu’on invente, des mots qui nous permettent d’exister. Le matrimoine en fait partie. En cette semaine, qui culminera avec la journée du 8 mars, le désir de parler « d’héritage des mères » m’est apparu comme une façon de redonner la place qui revient aux bâtisseuses de notre monde et de faire émerger leur esprit créateur, bien présent dans nos sociétés.

Qu’est-ce que le matrimoine me demanderez-vous?

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Têtes blanches et carré rouge

Têtes blanches - carré rouge

Têtes blanches et carrés rouge est d’avis que l’éducation devrait être « gratuite » de la petite enfance à l’université. « Or, l’éducation gratuite suppose des ressources financières importantes, mais dont le coût est assumé, au nom d’une solidarité sociale consentie par le biais d’une fiscalité que nous voulons la plus juste et équitable »…« Rappelons que le Rapport Parent (dans les années ’60) prévoyait la gratuité scolaire au niveau universitaire… Comme plusieurs autres acquis de la Révolution tranquille, le projet d’un accès libre à l’enseignement supérieur fut remis en question… au profit des politiques néolibérales : allègements fiscaux pour les entreprises et les nantis, dérèglementation, privatisation des entreprises et services publics, équilibre budgétaire, coupures et tarification des services publics».

Contre la hausse et l’indexation : « Nous sommes contre ces deux options parce qu’elles renforcent les inégalités sociales… En effet, hausse ou indexation, il s’agit d’une augmentation des frais de scolarité qui aura comme première conséquence une baisse d’inscription aux études supérieures ».

Contre le gel des frais de scolarité : « Même si les tenants de la hausse ou de l’indexation ont fait valoir que les frais de scolarité n’avaient pas augmenté depuis trop longtemps, ils sont passés de 540 $ en 1990 à 1668 en 1994, puis après quelques autres tentatives à 2168 $ en 2012. La nouvelle hausse, bloquée par la grève étudiante devait être de 1625 $ par année. Bref, le prétendu « gel » des frais de scolarité ne saurait donc constituer une solution (à) l’endettement étudiant et la reproduction des inégalités économiques et sociales au premier chef ».

Pour la gratuité ou l’accès libre et massif à l’enseignement supérieur : Parce que selon le groupe, l’éducation est un droit, un patrimoine collectif qui doit servir à développer une conscience sociale et servir le bien commun et non un service auquel ont accès seuls ceux et celles qui peuvent se le payer. Un droit reconnu dans la Déclaration universelle des droits de humains adoptée par les pays membres de l’ONU en 1948, article 26… et le Pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels (PIDESC) qui prévoit à l’article 13, entre autres, que « l’enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l’instauration progressive de la gratuité »… « À noter : parmi les 10 pays les plus scolarisés de l’OCDE, 6 n’exigent pas de frais de scolarité, en plus de la Finlande et de la République tchèque, il s’agit du Danemark, de l’Islande, de la Norvège et de la Suède ».

D ‘énormes défis sociaux nous attendent pour l’avenir : la lutte contre les changements climatiques, l’accroissement des inégalités, la pluralité ethnique, les exigences de la vie démocratique, etc. Dans ce contexte, nous n’en sommes plus à chercher un enrichissement personnel mais à répondre aux défis du vivre ensemble et de la sauvegarde de la planète. « L’accès gratuit et massif à l’enseignement supérieur devient prioritaire. Il faut dès maintenant donner à la jeunesse les moyens de commencer à penser, analyser, comprendre les immenses problèmes auxquels l’humanité sera confrontée, de pouvoir développer un esprit critique face aux idées dominantes pour être en mesure d’agir, de transformer le monde, de le rendre habitable pour toutes et pour tous ».

Daniel Pellerin

Page Facebook du regroupement Têtes blanches – Carré rouge

 

Le carré rouge, ça veut dire quoi?

Le monde de la culture repose en grande partie sur la capacité à symboliser. La nature même du symbole est d’ouvrir à diverses interprétations et significations. Mais le monde de la distribution et du commerce, lui, repose sur la fermeture du sens. Avec le sens unique et le prix exact, on est dans le monde du code barre.

Récemment, la ministre de la culture s’est comporté comme un programmeur de lecteur de code barre en souhaitant imposer un sens unique au carré rouge : «on sait ce que ça veut dire le carré rouge, ça veut dire l’intimidation, la violence, ça veut dire aussi le fait qu’on empêche des gens d’aller étudier». http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/archives/2012/06/20120608-153957.html)

Mais si la ministre St-Pierre faisait une vox pop sur ce que signifie le carré rouge, qu’on le porte ou non, elle entendrait une multitude de significations. Vouloir emprisonner le sens d’un symbole, c’est lui faire violence, ainsi qu’aux personnes pour qui il signifie toute autre chose. Pas étonnant qu’elle ait soulevé une tempête de protestations, même si on ne peut nier que le carré rouge est aussi devenu, à cause de casseurs et vandales, symbole de violence.

Gardons le code barre pour l’exactitude figée, et les symboles pour la fluidité culturelle, avec parfois leurs ambigüités. Les symboles, c’est comme le vent, ils changent de sens, au gré des contextes. Et on ne les contrôle pas, comme l’histoire personnelle et collective.

Rémi Bourdon

Le 14 juin 2012

Vers où marchons-nous?

Les manifestations qui se multiplient dans les rues de Montréal et un peu partout au Québec, témoignent d’un désir de marcher ensemble pour un bien commun. Malgré la nouvelle Loi 78 qui oblige les manifestants à donner leur itinéraire huit heures à l’avance, les marches n’ont pas cessé et ont même pris de l’ampleur. Itinéraires improvisés et bruits de casseroles s’y sont ajoutés.

En incluant, la marche du 22 avril pour le Jour de la terre, nous sentons bien que l’ordre social est ébranlé, que la conscience collective se réveille, grâce à ceux qui se lèvent et se mettent en marche. Je ne peux m’empêcher d’y reconnaître une certaine marche symbolique qui me révèle la destination de ces marches citoyennes. La marche du peuple du Passage, celle de Moïse avec le peuple hébreu. Le récit de l’Exode me révèle le sens et la direction d’un peuple qui se lève pour plus de justice. L’horizon qui l’attire est une promesse, une Terre Promise. Mais pour cela, il faut quitter un pays connu, que l’on ne veut plus habiter parce que devenu trop étroit pour notre dignité humaine.

La marche de tous ces manifestants symbolise un passage à vivre, qui prend racine dans un désir de libération. Vous vous rappelez Pharaon? Qui est-il aujourd’hui ce Pharaon dont nous voulons nous libérer? Quelques-uns répondraient vite fait qu’il s’agit de Jean Charest et de son gouvernement. D’autres s’empresseraient plutôt de pointer les étudiants que l’on a étiquetés d’« enfants rois ». Il est beaucoup trop facile de démoniser un des protagonistes de cette crise sociale. La révélation biblique nous rappelle combien l’être humain n’est ni ange, ni démon et que la vraie libération est à vivre d’abord dans le cœur de chacun. Si l’on n’est pas au clair avec les esclavages dont nous avons besoin d’être libérés, nous risquons fort de nous raccrocher au même veau d’or adoré dans le pays d’esclavage que l’on a pourtant voulu quitter. Ce Pharaon, adorant le veau d’or, n’est jamais bien loin. Il loge en nous, prêt à surgir dès que notre pouvoir et notre confort se trouvent menacés et que l’on risque de se retrouver du côté des perdants, car l’égo ne connaît que la loi du plus fort. Pour s’en libérer, il faut accepter de se mettre en marche vers cette autre part de nous-mêmes appelée à habiter un autre pays, que Jésus appelait le Royaume de Dieu et dont il disait qu’il est au milieu de nous. En effet, le Royaume de Dieu n’est pas à confondre avec un parti, un clan, ou un lieu. Il ne peut être vécu et discerner que du dedans, mais lorsqu’on y habite, nos choix et nos actions y puisent pour alimenter la solidarité humaine.

C’est donc à une marche intérieure que nous sommes conviés. Un chemin qui nous permet d’aller à la rencontre du meilleur de soi et de l’autre, là où l’Esprit nous donne rendez-vous, pour inventer ensemble un monde plus humain.

Plusieurs personnes m’inspirent actuellement dans ma recherche de discernement face au conflit social qui perdure. À la télé, sur web et les réseaux sociaux, les prises de parole se multiplient, nous invitant à sortir de l’indifférence. Je suis reconnaissante de pouvoir lire et entendre plusieurs personnes qui m’apparaissent comme de vrais prophètes de ce temps, cherchant à voir, du dedans, les chemins à emprunter, afin de retrouver le meilleur de nous-mêmes, comme personnes et comme communauté humaine.

Merci à tous ceux et celles qui ne désespèrent pas devant le défi social que nous avons à relever.
« Arrêtez pas d’espérer pis j’arrêterai pas ». Extrait de la vidéo
http://webtv.coop/video/22-avril-2012%252C-l%2526%2523039%253Bespoir/1fa55b108a3db651304e90f217eabe7a
Manifestation du Jour de la Terre
Une voix s’élève et se pose dans les événements des dernières semaines. Elle tente d’y trouver un sens, un chemin d’avenir et une perception de ce que peut être l’espoir.

Colette Beauchemin