Dans le quartier Saint-Jean-Vianney à Longueuil, nous sommes 4 petites sœurs de Jésus (de Charles de Foucauld). Nous demeurons dans un bloc d’appartements ce qui nous permet de vivre le cœur de notre charisme « l’être avec » dans une vie de prière et d’amitié au milieu des plus défavorisés de nos sociétés. Ce quartier simple et populaire ne présente pas à première vue des signes évidents de pauvreté. Pourtant quand on y vit depuis plusieurs années (18 ans pour notre part), on découvre que de nombreuses familles défavorisées nous entourent. La pauvreté est discrète et même cachée. Les files d’attente devant les centres de dépannage alimentaire m’impressionnent beaucoup à cause du nombre, de la lassitude, de la tristesse, de l’attitude et des vêtements de ceux qui attendent.
Bon nombre de nos  voisins vivent de l’Aide sociale, situation qui n’a jamais été facile mais qui depuis quelque temps est très difficile.
Je suis frappée par les réflexions souvent angoissées de nos voisines « on n’y arrive plus », « je crains les fins de mois, quand je n’ai plus un sou pour acheter du pain ou du lait pour les enfants ». Alors qu’est-ce qui arrive ? Quand le chèque est là le 1er du mois, il est déjà tout dépensé en dettes chez le dépanneur ou des amis!
Je dois dire que je ne suis pas surprise, car lorsque je fais notre épicerie et que je vois la hausse régulière du prix des aliments, je me dis : comment font nos voisins ? La réponse : ils n’y arrivent pas ! En effet les chèques d’Aide sociale n’ont pratiquement pas (ou si peu) augmenté depuis plusieurs années. Aussi quand le loyer et une première commande sont payés, il n’y a plus rien…
L’objection bien connue est que les gens ne savent pas faire un budget, que plusieurs dépensent pour des choses inutiles, cette objection ne tient pas dans la plupart des cas. Ces personnes qui ont recourt à l’Aide sociale ne sont pas des « paresseux » qui ne veulent rien faire… (il y a malheureusement des exceptions, ceux qui trichent). La majorité ce sont des personnes qui pour des raisons variées, dues à un passé et à un présent chaotiques, ne peuvent pas travailler.
Alors je me pose la question : que faire ? Pouvons-nous dans notre pays riche et prospère, laisser perdurer une telle situation sans réagir auprès des autorités responsables ? Mais comment ? Je me sens démunie.
Petite Sœur Stéphanie

Dans le quartier Saint-Jean-Vianney à Longueuil, nous sommes 4 petites sœurs de Jésus (de Charles de Foucauld). Nous demeurons dans un bloc d’appartements ce qui nous permet de vivre le cœur de notre charisme « l’être avec » dans une vie de prière et d’amitié au milieu des plus défavorisés de nos sociétés. Ce quartier simple et populaire ne présente pas à première vue des signes évidents de pauvreté. Pourtant quand on y vit depuis plusieurs années (18 ans pour notre part), on découvre que de nombreuses familles défavorisées nous entourent. La pauvreté est discrète et même cachée. Les files d’attente devant les centres de dépannage alimentaire m’impressionnent beaucoup à cause du nombre, de la lassitude, de la tristesse, de l’attitude et des vêtements de ceux qui attendent.

Bénévole dans une centre d'aide alimentaireBon nombre de nos  voisins vivent de l’Aide sociale, situation qui n’a jamais été facile mais qui depuis quelque temps est très difficile.

Je suis frappée par les réflexions souvent angoissées de nos voisines « on n’y arrive plus », « je crains les fins de mois, quand je n’ai plus un sou pour acheter du pain ou du lait pour les enfants ». Alors qu’est-ce qui arrive ? Quand le chèque est là le 1er du mois, il est déjà tout dépensé en dettes chez le dépanneur ou des amis!

Je dois dire que je ne suis pas surprise, car lorsque je fais notre épicerie et que je vois la hausse régulière du prix des aliments, je me dis : comment font nos voisins ? La réponse : ils n’y arrivent pas ! En effet les chèques d’Aide sociale n’ont pratiquement pas (ou si peu) augmenté depuis plusieurs années. Aussi quand le loyer et une première commande sont payés, il n’y a plus rien…

L’objection bien connue est que les gens ne savent pas faire un budget, que plusieurs dépensent pour des choses inutiles, cette objection ne tient pas dans la plupart des cas. Ces personnes qui ont recourt à l’Aide sociale ne sont pas des « paresseux » qui ne veulent rien faire… (il y a malheureusement des exceptions, ceux qui trichent). La majorité ce sont des personnes qui pour des raisons variées, dues à un passé et à un présent chaotiques, ne peuvent pas travailler.

Alors je me pose la question : que faire ? Pouvons-nous dans notre pays riche et prospère, laisser perdurer une telle situation sans réagir auprès des autorités responsables ? Mais comment ? Je me sens démunie.

Petite Sœur Stéphanie