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La légalisation prochaine de l’euthanasie au Québec : une défaite de la conscience

Femme malade à l'hôpital avec mari en arrière planPar l’adoption du projet de loi 52 sur les soins de fin de vie, l’Assemblée nationale du Québec s’apprête à ouvrir une brèche dans le dispositif légal qui protège les citoyens de la province contre toute atteinte à leur dignité et à leur vie.

En effet, par ce projet de loi, le gouvernement est sur le point de s’arroger le pouvoir de mettre à mort un individu, sur demande expresse de celui-ci, pour autant que celui-ci réponde à certains critères (état de décrépitude avancé et irréversible, volonté de mettre fin à sa vie). Pourtant, le droit naturel bien compris n’admet pas qu’un État s’autorise de la décision d’un individu sur son propre sort pour commettre un homicide contre ce même individu. La mise à mort d’une personne est et restera toujours un acte qui répugne à la conscience humaine, car il ne pourra jamais être conçu et reconnu comme un acte intrinsèquement bon, c’est-à-dire conforme à la dignité humaine.

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Science et foi: pour aller au-delà des oppositions simplistes – Hors-série 2: Sur la nécessité d’un bon diagnostic du malaise culturel

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Saint Paul, qui avait des idées claires, des convictions profondes, une foi solidement enracinée grâce à sa rencontre personnelle avec le Ressuscité, savait, dans ses relations avec les autres, intervenir à temps et à contretemps, pour encourager ou faire des reproches.  Il connaissait aussi l’importance, dans les débats et discussions qu’il avait avec ceux qui ne partageaient pas ses vues, de faire montre d’une grande patience et d’avoir toujours le souci d’instruire (2 Th 4,2).  Il évitait « les discussions folles et absurdes » qui « finissent par des querelles » et qui ne servent jamais qu’à se faire valoir. (2Th 2, 23)

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Science et foi: pour aller au-delà des oppositions simplistes – hors-série 1: sur la charité dans la vérité

caritasChoqué par le fait que j’insiste trop, selon lui, dans mes articles, sur les oppositions philosophiques et historiques qui existent entre chrétiens et partisans du rationalisme scientifique, un lecteur demande: « Est-ce que toutes les croyances et compréhensions divergentes sont nécessairement opposition? »

Sur le plan des idées et des représentations, il faut bien admettre qu’il y a des oppositions.  La résurrection de Jésus-Christ exclut forcément la réincarnation de Bouddha.  Si l’une est vraie, l’autre est forcément fausse.  Autrement dit, si la vision cosmologique et métaphysique du christianisme est vraie (si elle correspond de fait à la réalité cosmologique et métaphysique), celle du bouddhisme est nécessairement fausse.  Conceptuellement, nul ne peut réduire l’une à l’autre ou les confondre sans offenser la réalité de l’une et de l’autre.  Ce sont deux visions qui s’excluent mutuellement et qui ne peuvent pas, au même titre, prétendre révéler le fond des choses et le sens ultime de la vie.

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Science et foi (6e partie) : l’impact du Siècle des Lumières sur l’évolution des mentalités

Dans la deuxième moitié du 18e siècle, qu’on nomme paradoxalement le Siècle des Lumières, l’attitude critique à l’égard de la religion catholique se radicalisa. Des philosophes comme Voltaire (1694-1778) ou d’Holbach (1723-1789) dénoncèrent l’obscurantisme et l’intolérance des croyants. La Révélation fut considérée comme un tissu de fables fantaisistes et enfantines et l’Église comme un instrument d’endoctrinement et d’oppression. Ceux qu’on appela les encyclopédistes[1], Denis Diderot (1713-1784) et Jean Le Rond D’Alembert (1717-1783) en tête, professèrent ouvertement l’athéisme ou confessèrent tout au mieux un Dieu-horloger, expert en mécanique céleste, mais indifférent au sort des hommes, à leur bonheur comme à leur malheur. L’époque se croyait prête pour la liquidation générale du christianisme.

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Science et foi : pour aller au-delà des oppositions simplistes (5e partie : les débuts du matérialisme moderne)

À partir du 17e siècle, les conceptions philosophiques qui avaient prévalu jusque-là grâce au christianisme ont progressivement fait place à d’autres, radicalement différentes.  Si bien que, quatre cents ans après le début de cette formidable mutation intellectuelle, l’existence de l’âme n’est plus une évidence pour personne et qu’on demande volontiers au chrétien : « Où est-il ton Dieu? ».  À l’inverse, il est banal de penser que l’homme n’est qu’un organisme biologique programmé pour transmettre ses gènes ou que l’univers existe par lui-même[1] sans le support d’aucune puissance extérieure.

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