Les trois tentations de Jésus sont fondamentalement celles de tout être humain. Tentation du pouvoir sur le monde matériel, du pouvoir sur Dieu, et du pouvoir sur les humains. Autrement dit, nous sommes toujours confrontés au choix de servir l’autre en créant de la confiance envers lui, ou de s’en servir en le dominant ou le manipulant.

Dans la première tentation le diable dit à Jésus : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. ». C’est la tentation individuelle de chercher notre « nourriture » uniquement dans les biens visibles et sensibles. De chercher notre épanouissement dans la consommation, le confort, et la satisfaction des besoins immédiats. Mais pourtant, être pris dans ce tourbillon nous laisse le cœur en appétit.

Avons-nous faim de la Parole de Dieu ? Pendant le Carême, nous pourrions jeûner de temps à autre de ce qui nous divertit à la télévision ou à l’ordinateur pour se nourrir de la Parole de Dieu, par exemple, en allant sur le site «retraite dans la ville » pour recevoir chaque jour une méditation (http://careme.retraitedanslaville.org/)

Puis dans la deuxième tentation, le diable place Jésus au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas. » C’est la tentation de forcer Dieu à se conformer à notre vision des choses, et d’agir en fonction de notre volonté. Et s’il n’intervient pas dans l’histoire de l’humanité comme nous le souhaitons, alors, nous ne lui faisons plus confiance. Je me suis posé la question et je vous la pose: Si Jésus s’était effectivement jeté en bas du temple, pensez-vous que Dieu serait intervenu? Non!

Est-ce que Dieu est intervenu quand Jésus cloué sur la croix a crié : « Père pourquoi m’as-tu abandonné? » Vous avez certainement entendu comme moi ce raisonnement : « Je ne crois plus en Dieu, car si Dieu existait, il ne permettrait pas que des victimes innocentes meurent.» Jésus de Nazareth était-il une victime innocente? Autrement dit, Dieu existe à condition de ressembler à l’idée que , moi, je me suis forgé de lui, et toutes les actions divines doivent par conséquent correspondre à ce que, moi , je crois être correct, ajusté à ma conception de Dieu.

Pendant le Carême, nous sommes invités à entrer dans une prière plus ajustée à celle de Jésus, prions-le dans la foi, jusque dans la nuit de la foi, de consentir à ne pas réduire Dieu à nos désirs sur lui. Disons plutôt: «Notre Père que ta volonté soit faite … en tes mains Seigneur je remets mon esprit». Soyons de cette manière en communion avec toutes les victimes d’injustices et de guerres fratricides, pour demander au Père d’affermir notre espérance dans la victoire finale du Christ, alors qu’il essuiera toutes les larmes!

Enfin, troisième tentation : le Tentateur fait miroiter aux yeux de Jésus la gloire des royaumes de la terre. C’est la tentation du pouvoir qui écrase les autres pour arriver à ses fins : le succès, la notoriété, au risque de perdre son âme en piétinant la dignité des autres! Le mot diable en grec veut dire; celui qui divise. Et je dirais que la devise du diable est «diviser pour régner » Selon Wikipedia, «En politique et en sociologie, diviser pour régner est une stratégie visant à semer la discorde et à opposer les éléments d’un tout pour les affaiblir et à user de son pouvoir pour les influencer. » Autrement dit, dire et faire une chose avec les uns, et dire et faire le contraire avec les autres. On appelle ça maintenant la vérité alternative. Lors de son dernier repas avec ses disciples, Jésus a prié le Père pour l’unité : « Que tous soient un Père, qu’ils soient unis à nous, (…). Qu’ils soient un pour que le monde croie que tu m’as envoyé. » Demandons au Seigneur d’être davantage les témoins de cette unité, en faisant de nous des artisans de la concorde plutôt que de la discorde.