Garden Path

 

Au cours de l’année liturgique, le thème de la conversion est annoncé et développé durant l’Avent et le Carême.

« Donne-nous, Seigneur, un cœur nouveau, mets en nous, Seigneur, un esprit nouveau »

Si nous nous limitons à dire et chanter cette litanie, tout l’effort et le travail pour parvenir à une conversion relèveront de la bonne volonté du Seigneur.

Se convertir est avant tout un effort personnel, un travail continu sur soi.

Se convertir, c’est examiner nos choix dans notre vécu, c’est faire le tour de notre jardin spirituel pour apprécier ce qui pousse.

Se convertir, c’est modifier notre état psychique et spirituel, c’est apporter des correctifs dans nos liens avec la société et particulièrement avec autrui

Se convertir, c’est opter pour une nourriture terrestre plus saine.

La conversion comme un voyage

Se convertir, c’est entreprendre un long voyage qui nous mène à une destination connue pleine d’espoir. Avant de partir, un long préparatif est nécessaire et, pendant cet affairement, nous avons la tête pleine d’images de notre destination édénique. Puis, c’est le départ pour un voyage qui sera fort enrichissant.

Quelques parasites interférentiels

Se convertir, c’est avant tout être en mesure de voir, d’entendre, d’écouter et de recevoir la parole du Seigneur tout en peaufinant notre relation avec Lui. Malheureusement, ce lien que l’on veut intime et profond est trop fréquemment freiné par des obstacles qui nuisent à notre conversion. Je pense à une torture quotidienne que je nomme torture de la goutte d’eau. Il s’agit de ces médias qui, à travers une panoplie de moyens techniques, utilisent une approche harcelante, déversant et inondant une actualité qui nous atteint, qui nous émeut…puis las, l’impuissance nous emporte et à la fin nous tombons dans une léthargie sous l’emprise de l’indifférence. En guise de protection, nous nous affublons d’une attitude individualiste plus ou moins prononcée. Pour certains, c’est la fuite dans une foule anonyme, dans un refuge aseptisé, dans une solitude maladive du genre cocooning en attendant une métamorphose qui ne se réalisera pas. À quand le réveil? Au son de la trompette angélique, à la fin de ce monde, au retour de Moïse ou de Jésus pour nous sortir de cet esclavage? Il est grand temps d’émerger de notre torpeur, de faire face à cette réalité.

Une conversion libératrice

Une prière personnelle et continue ou une prière apprise nous disposera à recevoir le Souffle, l’Esprit Saint qui nous conduira vers une conversion libératrice. Rétablir une juste relation avec le Seigneur, c’est combattre de nombreux maux qui nous assaillent : la recherche du pouvoir, de l’argent, le mépris des perdants, le culte des héros et des dieux factices, la fuite dans les paradis artificiels (jeux, drogues…), l’individualisme et l’indifférence, toutes ces dispositions qui nient l’amour de l’Autre.

« Il faut dépasser cette éthique individualiste qui imprègne encore trop nos cœurs et nos communautés. L’individualisme gangrène ». (Mgr Ébacher)

Si ce combat obligé tombe en période de trêve perpétuelle, si nous persistons à faire de mauvais choix, c’est l’impasse qui nous attend. Nous chuterons et nous perdrons toute espérance, notre foi faiblira. Alors nous vivrons l’incompréhension dans une relation avec le Seigneur.

La recherche d’une conversion, c’est aussi la recherche de la sagesse, elle s’infuse subtilement, finement comme les feuilles de thé dans l’eau chaude. La conversion s’élabore durant toute une vie.