Il y a une chanson de la communauté du Verbe de vie qui m’émeut chaque fois que je la chante : « Devenez ce que vous recevez, vous êtes le corps du Christ ». Ce refrain est chanté particulièrement comme chant de communion. Ce que je reçois, le pain qui fait vivre, je ne le reçois pas seule, mais avec une communauté de frères et de sœurs dans la foi. Ensemble, parce que nous nous sommes nourris à la table de la Parole et à la Table du Pain, nous formons corps avec le Christ, nous sommes le corps du Christ. La communauté chrétienne nous envoie pour agir en son nom, pour parler en son nom, pour aimer comme lui l’a fait, pour être présence dans le monde parce que nous avons pris conscience d’être aimés infiniment de Dieu et sommes, par le fait même, appelés à aimer. Le monde a tellement besoin d’amour!

Je suis présentement en retraite à Rougemont. J’ai eu la joie de faire la rencontre de sœur Rita Gagné osu, notre personne-ressource. Aujourd’hui, j’ai eu la même émotion concernant la miséricorde de Dieu. Nous avons fait du sacrement du pardon et de la réconciliation une pratique individuelle alors que ce sacrement est une pratique communautaire.

Dieu n’est que miséricorde. Nous avons à découvrir cela communautairement. Devenez ce que vous recevez! Ce que vous avez saisi ensemble de l’amour inconditionnel de Dieu, de sa grande miséricorde, nous avons à le vivre. Recevez la miséricorde de Dieu et devenez miséricordieux! Le poids de nos péchés nous écrase, mais toi, tu es le Dieu de la relation, le Dieu d’amour, le Dieu qui pardonne avant que je n’aie fait l’aveu de quoi que ce soit.

Devenez ce que vous recevez, c’est se recevoir les uns les autres dans tout notre être et entrer dans une relation d’amour qui ouvre sur l’accueil et le pardon. Il faut porter sincèrement le désir de cette rencontre. Vivre le sacrement de réconciliation, c’est reconnaître que je n’ai pas été à mon meilleur dans mes relations avec les autres et avec Dieu, et souvent avec soi-même. Marcher ensemble, deux à deux, reconnaître sa faiblesse, son manque de relation, pour ensuite s’accorder mutuellement pardon. N’est-ce pas là devenir ce que l’on a reçu?

« Celui qui fait la vérité va à la lumière », dit saint Jean. La vérité, c’est reconnaître l’amour de Dieu pour chacun de nous. Dieu n’est que miséricorde. Il pardonne, il aime, il pardonne encore, il aime toujours.