Vers la fin de 2014, M. Fernand Létourneau avait présenté un texte sur ce blogue qui traitait de notre intention de profiter de nos vacances familiales en Afrique pour venir en aide à des orphelinats (C.I.B.A.E.E.V.A. Centre International Bilingue D’accueil et Encadrement des Enfants Vulnérables et l’AIC Cameroun) situés à Dschang, au Cameroun. Il avait mentionné qu’un court récit de notre expérience humanitaire serait présenté sur le blogue diocésain.

Les lignes qui suivent visent à donner nos impressions sur ce que nous avons vécu sur place et ce qui nous a motivés à nous impliquer ici, pour aider là-bas, dans le pays de nos ancêtres.

Avant de partir, nous avons organisé une collecte locale d’articles de première nécessité, de petits cadeaux divers, de jouets, de vêtements et aussi d’argent. Nous voulions semer de la joie dans le cœur de ces enfants défavorisés par le destin et leur offrir un vrai Noël.

C’est accompagné de valises remplies et pleins de l’espoir de faire plaisir que nous sommes partis pour nos vacances de Noël. Arrivés à Dschang, après avoir renoué avec notre parenté et profité des festivités locales, nous avons contacté la directrice de l’organisme AIC (http://www.aic-solidarite.be/fr), Mme Sabine Mendou, pour lui offrir nos services.

Historique : Notre grand-mère paternelle a vécu dans des orphelinats, de l’âge de trois à 11 ans. Avec ses revenus tirés d’un premier emploi, à l’âge de 15 ans, elle commença à adopter de jeunes orphelins et elle donna naissance à huit enfants biologiques. Nous les considérons tous comme nos oncles et nos tantes. Étant profondément catholique, elle a transmis ses croyances et ses valeurs morales à sa famille élargie et à nous, ses petits-enfants. Nous étions fiers de pouvoir lui montrer que son exemple nous a interpellés, même si nous étions nés au Québec.

Motivation : Nous nous disions fortunés de pouvoir jouir du mode de vie d’ici alors que nous aurions pu facilement être des orphelins, malades, vivant dans des orphelinats ou dans des familles d’accueil. Nous croyons que ce sentiment de vouloir aider nos frères et nos sœurs du pays de nos ancêtres nous a été transmis par notre grand-mère.

Nos premières impressions : Nous appréhendions un peu ce premier contact avec les jeunes orphelins. Comment réagiraient-ils? Saurions-nous répondre à leurs attentes? Nous avons été étonnés de leur manque de réaction lors de ce premier contact.

Description des lieux visités : Les jeunes vivent dans de petits orphelinats ou dans des familles d’accueil. Ils s’étaient regroupés dans une salle de réception de l’hôpital local et c’est là où nous les avons rencontrés avec leurs accompagnateurs.

Ce que nous y avons fait : Nous y avons passé une bonne partie de la journée. Nous nous sommes présentés et nous avons expliqué nos objectifs et notre motivation. Nous leur avons dit que nous voulions créer pour eux un Noël différent. À chaque orphelin, nous avons distribué des vêtements, des petits cadeaux, des jouets et des dons en argent. Nous avions aussi apporté le nécessaire pour offrir une collation. Notre petite sœur Aisha nous accompagnait et elle a participé au projet.

Une surprise : Nous n’étions pas au courant du fait que « Maa » (grand-maman) serait là. Ce fut une merveilleuse surprise pour nous, une présence symbolique, pleine de charme. À 87 ans, notre vénérable grand — maman a tenu à présenter un message d’encouragement pour les jeunes, les incitant à mettre leur destinée dans les mains du Seigneur, à espérer et à croire au destin, citant son propre parcours.

Les réactions des jeunes : Pourquoi ce manque d’émotion chez les jeunes orphelins? Nous avons appris qu’eux aussi étaient inquiets et se demandaient pourquoi quelqu’un d’aussi loin que nous se souciait d’eux et leur voulait du bien. Ils n’étaient pas habitués à recevoir. Par contre, leurs tuteurs et les préposés sur place étaient émus et des larmes de gratitude nous signifiaient toute leur appréciation.

Si c’était à refaire, ce que nous ferions mieux : nous ne savions pas à quoi nous attendre. Il y a tellement de besoins criants en médicaments, vêtements, matériel scolaire, etc. Nous nous étions préparés trop tard et nous avons manqué de temps. Nous aurions pu faire plus d’heureux.

Projets futurs : Nous voulons recommencer cette expérience humanitaire, mais en étant mieux préparés et mieux organisés sur les lieux. Notre première expérience nous a permis d’établir des contacts, dont celui de Mme Lucienne Ateufack, de l’orphelinat C.I.B.A.E.E.V.A. Elle pourra nous donner les noms des jeunes, les âges et ce dont ils ont besoin le plus. Avec ces renseignements, nous serons en mesure d’apporter des cadeaux et des vêtements qui répondent plus précisément à leurs besoins. Déjà, nous formulons des plans d’action locaux et nous nous proposons de commencer par en parler à nos compagnons et compagnes de classe, à nos amis et à notre entourage.

Pour plus d’information ou pour nous appuyer : mapoua@hotmail.com et saroiman@hotmail.com