En février dernier, de passage à Paris, j’en ai profité pour aller à une activité liturgique proposé par les Jésuites, La Messe qui prend son temps.  Des amis y avaient participé et en étaient revenus presque transformés. Cette messe s’adresse prioritairement aux jeunes universitaires et jeunes professionnels. J’avais hâte, d’une part, de vivre une célébration avec des jeunes adultes, ayant moi-même traversé de peu la cinquantaine.  D’autre part, je voulais expérimenter le « qui prend son temps ». Qu’est-ce que cela voulait signifier?  Une messe qui s’étire en longueur? Une messe avec un débit lent? Des chansons lentes? Des déplacements lents?

messeJe suis arrivée sur les lieux un peu à l’avance. Une dizaine de jeunes se familiarisaient avec les chants. On nous a invités à joindre nos voix aux leurs. Il y avait déjà une belle énergie, et une trentaine de jeunes adultes commençaient à prendre place autour de l’autel, central dans la pièce. À 19h00 – parce que la Messe qui prend son temps est célébrée le dimanche en soirée – nous étions au moins 200, dont une vingtaine de ma catégorie.  J’ai vécu, ce soir-là, une vraie rencontre communautaire, un cœur à cœur avec Dieu. On a « pris le temps » de faire les choses, de poser les gestes, de s’instruire, d’échanger, de fraterniser… et surtout de méditer. Parce que les trois temps forts de cette eucharistie sont : un enseignement, une méditation personnelle en silence et un temps de partage, qui permettent d’entrer en relation avec Dieu, soi-même et les autres. Au terme de la messe, un temps d’amitié autour d’un « pot » convivial.

J’étais à Paris pour 10 jours. J’ai donc pu vivre une Messe qui prend son temps à deux reprises, histoire de vérifier si je ne rêvais pas.  Ce fut une dégustation pour les sens et pour le sens à chaque fois.

À mon retour, je n’avais que le goût de partager mon expérience, une expérience toute simple dans le fond, une liturgie comme on en voit à travers toute l’Église, mais une expérience que l’on prend le temps de goûter, et de faire du sens au plus profond de soi.  À ma grande surprise, chaque fois que j’en parlais à un jeune adulte, de tout acabit, je recevais cette réponse : « Si tu en organises une, je suis prêt à tenter l’expérience! » Chacun avait ses raisons diverses de vouloir vivre une Messe qui prend son temps : par curiosité, par solidarité, pour se retrouver entre jeunes, mais aussi pour se déposer dans un monde où on prend rarement le temps de le faire, pour entendre le silence, pour prendre du temps pour soi tout simplement et pour Dieu en écho.

En passant, Il y aura une Messe qui prend son temps en septembre prochain, le 18, à 19h00, à Chemins de vie…

Francine Vincent